LE PAYSAGE

Un lieu, un regard, une image

Le paysage bien que recouvrant de nombreuses définitions oscillant entre l’idée de systèmes d’interactions anthropiques et naturelles et l’idée de représentation ou de perception, offre des interprétations complexes et variées qui peuvent être contradictoires suivant les points de vue. Le paysage contient ou rassemble « des ensembles de croyances, des convictions scientifiques, des codes esthétiques, sans oublier des visées d’aménagement » Pierre Sansot. 

De ce fait, le paysage en « soi » n’existe pas, il s’invente pour chacun au cours du temps.

« Nous pouvons dire que le paysage, c’est ce qui se trouve sous l’étendue de notre regard. A la question qu’est-ce-que le paysage ? Nous pouvons répondre : ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé de regarder ; ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé d’exercer nos sens au sein d’un espace investi par le corps. Il n’y a pas d’échelle au paysage, il peut se présenter dans l’immense ou dans le minuscule, il se prête à toutes les matières vivantes ou inertes, à tous les lieux, illimités ou privés d’horizon » G. Clément.

 

Pour avancer dans la compréhension de la notion de paysage, nous pouvons dire qu’elle résulte de 3 composantes essentielles :

1- Le lieu, qui constitue l’espace observé, expression des interrelations, interactions anthropiques et « naturelles »     entre un milieu et l’histoire des pratiques humaines

2- Le regard, qui évoque l’observateur, ses sentiments, sa subjectivité

3- L’image, qui, quant à elle, exprime l’idée de représentation, de culture d’une société

 

Nous pouvons dire ainsi, et ce, sans réduire cette notion à une définition universelle, que le paysage est le produit, le lieu d’une rencontre entre le monde et un point de vue, que c’est l’expression d’une « médiation entre le monde des choses et celui de la subjectivité humaine ».

C’est-à-dire que même s’il existe autant de paysages pour un lieu que de sujets qui le regardent, le paysage peut exprimer des valeurs communes et partagées par un ensemble de personnes.

Cela veut dire aussi, que le paysage n’est pas figé dans le temps, mais au contraire qu’il est en perpétuel mouvement et exprime à la fois les évolutions des pratiques qui le façonnent (agriculture, architecture, infrastructure, etc.) que des regards qui le contemplent.

S’interroger sur la question du paysage, ce n’est pas poser une démarche d’expert permettant de proposer unilatéralement des orientations de gestion et d’aménagement du territoire.

 

S’interroger sur la question du paysage, c’est proposer une rencontre entre plusieurs regards permettant de faire émerger des valeurs partagées, offrant une diversité de points de vue autour d’un regard commun.

Le sens du paysage ne résulte pas d’une analyse intellectuelle des éléments qui le composent, mais d’une appréhension synthétique des rapports qui les unissent. (M. Collot)

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